Rééquilibrage par le jeûne

Des travaux menés par le psychiatre russe Yuri Nikolaev dans les années 1960 à 1980 avaient déjà montré que le jeûne améliorait l’état psychique de patients dépressifs, de certaines formes de schizophrénie ainsi que de ceux souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Le jeûne permettrait de mettre au repos le système gastro-intestinal (donc ces millions de cellules nerveuses) et de renouveler les bactéries et les cellules de l’intestin, ce qui expliquerait selon les chercheurs un effet sur l’état psychique. Des travaux plus récents sur l’humeur et la dépression avancent une autre hypothèse pour expliquer l’effet positif du jeûne sur les maladies psychiques : dès le début du jeûne, des mécanismes cellulaires de résistance au stress se mettraient en place. Le médecin allemand Andreas Michalsen a constaté lors de ces recherches une hausse de la libération de dopamine lors d’un processus de jeûne (effet euphorisant) et de la sérotonine, appelée souvent hormone du bonheur.

Voici ce que Nikolaev a testé avec succès à l’hôpital Korsakov de Moscou. Un patient schizophrène, prostré, refuse de se nourrir. Il laisse alors agir l’instinct du malade.

A partir du cinquième jour de jeûne, son négativisme a commencé à diminuer. Il a ouvert les yeux.

A partir du dixième jour de jeûne, il s’est mis à marcher mais continue à garder le silence.

A partir du quinzième jour de jeûne, le patient a bu un verre de jus de pomme laissé sur sa table de nuit. Et ensuite, il est allé se promener et est revenu à la vie sociale. Il se rétablit de sa maladie mentale.

Nikolaev renouvelle alors l’expérience en traitant des schizophrènes, des dépressifs, des patient atteints de phobies ou de syndromes obsessionnels, pour une durée moyenne de jeûne de 25 à 30 jours, parfois même 40 jours.

Il fait des examens : paramètres hormonaux, encephalogramme, etc. Malgré les résultats positifs (sur 800 patients, 70 % de réussite), la majorité du monde médical s’oppose à lui. Il continue quand même ses recherches pendant 20 ans sur 10 000 patients et obtient plus de 70% de réussite.

Le jeûne est toujours controversé à l’heure actuelle. Et l’industrie pharmaceutique n’y accorde aucun crédit en occident pour des raisons financières, bien sûr.

Heureusement, beaucoup continuent l’héritage de Nikolaev, surtout que le jeûne a été reconnu bénéfique aussi sur le cancer (avec des preuves concrètes, et guérit des maladies somatiques comme l’athme, la polyarthrite l’eczéma…).

Valery Gurevich, psychiatre à l’Institut psychiatrique de Moscou a travaillé au côté de Yuri Nikolaev : « Le jeûne a un effet sédatif au moment de la crise d’acidose (au troisième jour), puis stimulant pendant le première semaine de jeûne, et antidépresseur au moment de la réalimentation ».

Andreas Michalsen, chef de service de l’hôpital de la charité à Berlin « le jeûne provoque un état de stress qui relance le mécanisme d’autorégulation qui reste passif habituellement. On constate une augmentation de la sérotonine, de la dopamine, de la noradrénaline, du cortisol et l’organisme produit des nouveaux neurones adaptés. Il y a également un phénomène de neurophagie : les cellules « normales » ou « saines » se mettent en mode de protection, les cellules « non saines » ont perdu la mémoire de l’évolution et le mécanisme de protection, et le jeûne ralentit leur croissance. Elles sont petit à petit éliminées par l’organisme.

L’humeur est améliorée. Ils n’ont plus de conduite addictives pour se procurer du plaisir ou activer récompense/plaisir. Les jeûneurs se sentent « fort », « indépendant ». Et ensuite, les jeûneurs sont prêts à adopter une vie plus saine, l’ayant ressenti dans leurs corps. Et c’est donc propice à un maintien de l’état ». Le jeûne serait plus naturel que de manger en permanence. Valter D. Longo, chercheur, université de Californie « C’est difficile de se dire que l’on devient plus fort en jeûnant dans notre société ». C’est un nettoyage du corps instinctif chez beaucoup d’animaux. La capacité de jeûner est hérité de notre évolution. Elle est observé dans notre code génétique. L’organisme s’adapte, économise ses protéines, puise dans ses lipides en trop. Un homme d’1m70, pesant 70kg, a 15kg de réserve de graisses, de quoi jeûner pendant 40 jours. Celui-ci se reposant, il utilise son énergie à faire un grand nettoyage et à s’autoréguler.

En 2013, des études américaines en laboratoire ont montré que la restriction calorique entraîne des changements de bactéries intestinales, et les nouvelles sont des bonnes bactéries associée à une augmentation de la durée de vie. Un jeune de 24h une fois par saison permettrait un bon entretien de son microbiote.

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